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Avenant 11 du 31 mars 2026.

  • Photo du rédacteur: C-idel Fact
    C-idel Fact
  • il y a 7 jours
  • 3 min de lecture


Avenant 11 : une avancée pour les infirmiers libéraux… mais il laisse un goût d’inachevé.


Après des mois de discussions parfois tendues, l’avenant 11 à la convention des infirmiers libéraux a été signé le 31 mars 2026 avec l’Assurance maladie. Présenté comme un texte structurant pour l’avenir de la profession, il introduit plusieurs évolutions majeures. Pourtant, sur le terrain, le sentiment reste partagé.


Une revalorisation attendue… mais progressive


La principale mesure concerne la revalorisation de la lettre-clé AMI, socle de la rémunération des actes courants.


Celle-ci augmentera de +0.20 € fin 2026 et de +0,10 € en 2027, soit +9,5 % au total.

Aujourd'hui 3,15 €, demain 3,45 €, cela représente environ +306,00 €/mois de chiffre d'affaires et +3 700 €/an.

Cette revalorisation vient renforcer une dynamique déjà engagée ces dernières années, notamment autour du BSI et des indemnités de déplacement.


Autre point important : une majoration spécifique est prévue pour les patients les plus dépendants et les situations complexes, avec une hausse moyenne de 11 % de la rémunération. Une reconnaissance concrète de la charge de travail réelle sur le terrain.


Si cette évolution met fin à plus de quinze ans de stagnation tarifaire, elle est jugée trop lente par de nombreux professionnels. Dans un contexte d’augmentation continue des charges, beaucoup estiment que cette revalorisation ne suffit pas à rééquilibrer leur activité.


Une reconnaissance des compétences enfin concrète

Au-delà des tarifs, l’avenant 11 cherche à donner un contenu opérationnel à la loi infirmière adoptée le 27 juin 2025. L’Assurance maladie souligne que le texte permet de « concrétiser avec la profession de manière opérationnelle les mesures prises dans cette loi structurante ».

La mesure la plus emblématique est la création de premières consultations infirmières remboursées. Deux consultations seront ouvertes dès 2026 : l’une pour accompagner l’instauration d’un traitement initial par insuline chez les patients diabétiques de type II, l’autre pour assurer un suivi après un bilan de prévention réalisé aux âges-clés.

Deux nouvelles consultations sont déjà prévues à l’horizon 2028.


Ces mesures traduisent enfin, sur le plan conventionnel, les avancées de la loi infirmière de 2025. Elles confirment l’évolution du métier vers davantage de suivi, de prévention et de coordination des soins.


Une autonomie renforcée dans la prise en charge des plaies

L’avenant simplifie également la gestion des plaies :

  • les prescriptions “jusqu’à cicatrisation” seront acceptées (dans une limite de 3 mois)

  • un accès direct à l’infirmière sera possible pour les plaies simples

  • la réalisation de bilans de plaies est reconnue

Ces mesures devraient limiter les allers-retours avec le médecin et fluidifier la prise en charge des patients.


La création de l’infirmier référent

Autre évolution majeure : la mise en place du rôle d’infirmier référent pour les patients en affection de longue durée.

Ce nouveau statut vise à :

  • améliorer la coordination avec le médecin traitant

  • renforcer le suivi des patients fragiles

  • structurer davantage les parcours de soins à domicile

Une avancée importante qui confirme le rôle central des IDEL dans le suivi des patients chroniques.


Une reconnaissance renforcée pour les IPA

Les infirmiers en pratique avancée voient également leur rôle consolidé :

  • la séance passe de 16 € à 21 €

  • Elle est désormais reconnue comme une consultation.

  • des forfaits de suivi sont introduits

Cela traduit une montée en puissance progressive de ces profils dans le système de santé.


Une profession entre satisfaction et frustration

Malgré ces avancées, la majorité des syndicats reste prudente. Tous reconnaissent l’intérêt du texte, mais soulignent qu’il ne répond pas pleinement aux enjeux économiques du terrain.

Le constat est largement partagé : les responsabilités des infirmiers libéraux s’élargissent, mais leur rémunération peine encore à suivre.

Certaines organisations alertent même sur les risques pour la pérennité des cabinets et l’attractivité de la profession.


Un tournant… mais pas une finalité


L’avenant 11 constitue indéniablement une étape importante. Il relance une dynamique tarifaire, ouvre la voie à de nouvelles pratiques et renforce la place des infirmiers dans le parcours de soins.


Mais, il ne règle pas tout.


Plus qu’un aboutissement, cet accord apparaît comme le début d’un nouveau cycle de négociations. Une question reste désormais centrale :

Jusqu'où le système de santé est-il prêt à valoriser le rôle des infirmiers libéraux, devenus essentiels au maintien à domicile ?

 
 
 

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